Les bases - note n°9 - La conscience / partie 2 : développement

 

Comme n'importe quel sujet, la conscience se développe. Elle est capable – en quelque sorte – de grandir et diminuer en taille. On peut considérer que pour comprendre la nature d'une pulsion (l'âme, la pulsion entière) la conscience doit être au moins de la « même taille » que celle-ci, auquel cas elle ne verrait qu'un morceau du mouvement en question (un bout d'animation, une partie de la pulsion).

Exemple : Vous voyez un combat dans une arène, vous imaginez que c'est un combat réel, ce qui a été confirmé par un membre du public. Cependant lorsque vous regardez ledit combat avec un peu plus d'acuité, vous vous rendez compte que ce n'est rien d'autre qu'une démonstration parfaitement exécutée.

Remarque : Il est des pulsions qui sont d'une stature démentielle... Ce sont les questions existentielles, ou vices antiques, des créatures immémoriales qui sont autant de murs pour l'humanité. Ou de portes ?

 

La conscience possède différents modes de fonctionnement selon les circonstances. Mais s'il faut la désigner dans son fonctionnement global, on peut l'envisager comme un simple intérêt. Appellation générique.

En fait, on pourrait aussi parler d'attention. Mais je ferai un usage plus précis de ce mot par la suite, alors pour l'instant, confondons-les quelque peu pour saisir la matière organique de la conscience.

 

Conscience moderne.

Cette attention/cet intérêt, peut donc être déporté dans des directions différentes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle de nos jours, nous considérons que la conscience et le mental ne font qu'un. En effet, il est fréquent pour un individu moderne que toute son attention soit tournée vers ses pensées. Non, pire, il arrive que tout son intérêt soit tourné vers quelques pensées bien pauvres.

Exemple : Vous êtes en sortie avec vos amis, mais tout votre intérêt est focalisé sur cette seule pensée tout du long : «  à quoi est-ce que je ressemble », ou bien « est-ce que mon apparence est la bonne », ainsi vous recherchez dans les yeux des autres cette approbation qui a besoin d'être renouvelée toutes les 5 minutes. Ce n'est qu'en arrivant au cinéma que finalement, vous pouvez vous décoincer votre attention pendant 30 minutes pour la reporter sur ce film qui finit par vous absorber par sa qualité (le temps de lâcher la bride, 1 heure de film aux oubliettes).

C'est la tendance moderne que de tout résumer à la pensée. Mais en vérité, les obstacles sont bien plus variés : c'est juste que le moderne est aveugle. Ainsi, la conscience peut être autant focalisée sur le mental que sur l’émotionnel avec quelques sentiments envahissants, ou bien sur le sensationnel avec quelques stimulus obsédants.

 

Après, il faut dire aussi que la conscience humaine n'a pas encore trouvé sa place. Pourquoi ? Parce que l'être humain n'a pas évolué. Si le moteur de l'individualité est la pensée/la volonté, comme nous pouvons le voir chez les animaux, l'être humain lui est doté d'une conscience/d'un intérêt qui peut dépasser son individualité, ce faisant, nous sommes capables d'abstraction, entre autres choses. Ainsi, que la conscience s'établisse pour commencer à un niveau individuel, soit. Mais ne se pourrait-il pas que la conscience soit le moteur, non pas de l'individualité (c'est plutôt le rôle du mental), mais d'une nouvelle dimension humaine ? Après le genre, l'espèce, l'individualité, nous aurions autre chose donc... Mais quoi ? Probablement quelque chose d'universel... On y reviendra.

 

Cœur du mouvement.

En théorie, l’intérêt s'alimente tout seul, nous portons attention aux choses qui nous attirent sans trop d'effort. Normal puisque l’intérêt est ce qu'il y a de plus naturel en l'être humain. Mais, encore une fois, il existe des degrés de mobilité et des niveaux d'intensité. Qu'est ce que cette mobilité ?

Le choix. Ce sont nos choix qui manifestent notre intérêt dans plusieurs directions et de plusieurs façons. On pourrait même dire que le choix est le mouvement primordial de la conscience. Tout cela n'est pas sans conséquence, car selon ses mouvements (induits par ses possibilités du moment), ses choix, la conscience va générer des formes particulières.

 

Voici une métaphore :

- Supposons que la conscience se déploie avec 4 angles droits : elle formera un carré ou un rectangle.

- Supposons qu'elle forme 3 angles : elle formera un triangle.

De la même manière, chaque manifestation d’intérêt, élan ou même fusion vis-à-vis des pulsions et autres réalités environnantes établira un positionnement de la conscience, qui à terme, va générer... Une forme !

Cette forme, c'est la personnalité : l'expression de la conscience, de la nature. L'animation spécifiquement humaine.

Et oui, la personnalité est bien l'expression de votre âme/conscience.

 

Comment cela fonctionne-t-il ?

Évidemment, c'est un processus complexe qui agit sur différents « niveaux de profondeur ». Les questions, les sujets ne sont pas les mêmes selon le niveau de préoccupation de la conscience : un changement de positionnement de cette dernière par rapport à une question de survie ou une question existentielle ne soulèvera pas autant de changement qu'une modification de notre intérêt quant aux relations sociales. Nous essayerons d'être plus explicites plus tard, mais pour l'instant, un exemple. Ou plutôt encore une métaphore.

 

Exemples:

Ne remettons pas en cause l'archétype de l'homme moderne, et considérons la seule sphère sociale.

- Une tension excessive vis-à-vis de la question de la liberté produira une forme de « désinvolture », un excès de liberté (juste pour le plaisir : disons au passage que, souvent, la désinvolture est exercée horizontalement et non verticalement, en clair on prend facilement des libertés avec nos égaux et non pas nos supérieurs hiérarchiques...)

- Un retrait de votre conscience vis-à-vis des relations sociales vous rendra « misanthrope », peu ou prou.

- À noter que des valeurs importantes pour votre milieu peuvent ne susciter aucun intérêt spécial chez vous, et donc aucune forme particulière.

- Il faut aussi considérer les dynamiques du moment, si elles vous impactent, les questions de sociétés par exemple : le déploiement de votre intérêt ou le retrait de ce dernier, vis-à-vis du « problème écologique du 21e siècle » (au pif) vous dépeindra comme progressiste ou réactionnaire, et plus encore si l'on rentre dans le détail.

 

Le tout mélangé à toutes les formes de sujets qui peuvent vous concerner, qu'ils soient contemporains ou existentiels (et plein d'autres trucs), fondera, en fonction de votre intérêt pour toutes ces forces, une forme synthèse. Votre personnalité.

C'est ainsi que vous pouvez être un résumé comme un petit bourgeois prétentieux, une arriviste, un voyou, etc.

Évidemment là ce sont des caricatures sociologiques, et en fait d’archétypes, des stéréotypes. C'est amplement suffisant pour la pédagogie.

Remarque: Attention, ce que nous faisons ici est radicalement différent d'une quelconque forme de science sociale. Et vous le verrez très bientôt.

 

États d'âme.

La personnalité résulte donc de ma gymnastique quant aux pulsions qui m'entourent (acceptées ou non) et selon la façon dont j'en use.

Attention, parfois il peut arriver que je sois plongé dans d'autres contextes. Si ces derniers sont profondément différents de ce que je vis habituellement, alors les problèmes, questions, et les réponses posées ne seront pas les mêmes. Ainsi je vais déployer une animation différente, une personnalité que l'on pourra qualifier de « secondaire ».

Exemple : Lorsque vous êtes au travail, vous êtes très sérieux, presque rigide. Mais avec vos amis du club de foot, votre attitude se veut beaucoup plus laxiste, quelque peu « viriliste », et vous le faites un peu pour éviter qu'on vous charrie sur votre style de comptable austère. C'est le prix à payer pour jouer, et c'est pas forcément plus de pression qu'au travail, donc bon...

Il est possible en ce sens d'avoir plusieurs personnalités. Chacune adaptée à un contexte différent. Mais attention, on parle vraiment de situations différentes pour lesquelles celui/celle que nous sommes d'habitude ne suffit pas. Autrement, il est des personnalités assez solides qui peuvent s'adapter aux différents contextes sans changer de forme pour autant.

Remarque : La séparation entre les personnalités peut parfois être... béante. Ce qui est compliqué à vivre, et peut générer à terme des identités distinctes. À ce stade, c'est une maladie.

 

Parole et personnalité ?

Nous avons dit dans la note précédente que la conscience était le noyau de l'âme, et la parole, son expression. Là, nous disons que la conscience est le noyau, mais que la personnalité est l'expression de la conscience. Que faut-il diable en comprendre?

Que parole et personnalité... C'est la même chose. Qu'est-ce que la personnalité sinon un discours porté sur soi ? Une expression de sa nature au travers de ce qui est dit, et non dit ?

On pourrait ainsi dire que la personnalité est la parole persistante, celle qui compte et que l'on retient.

J'imagine que ce qui vous fait tiquer ici, c'est que traditionnellement on se représente plutôt la personnalité comme une image. Ce n'est pas faux. On s'identifie bel et bien au travers d'images symboliques, mais justement, l'image n'est juste que si elle est littéralement « parlante », si elle exprime quelque chose. Et puis, le discours n'est jamais bien loin. Magma.

Remarque : D'autre part, il y a bien une raison à ce que parfois les images « symboliques » remplacent les mots, mais cela, nous en parlerons plus tard.

Remarque n°2 : La personnalité ne se résume pas à l'individualité... On en discutera plus tard.

 

Bon, par la suite nous allons voir que la vie n'est pas un long fleuve tranquille pour la conscience.

 

 

Bonus

 

 

C'est quoi la personnalité par rapport aux autres dimensions humaines ?

Chaque personne possède des ressources physiques, émotionnelles et mentales. D'ailleurs, ces ressources sont évidemment différentes d'un individu à l'autre, dans leur répartition, leur qualité, etc.

Notre mental possède certaines capacités et tendances, il en est de même pour les émotions, et pour les actions/sensations/perceptions/réflexes (je ne savais pas lequel choisir...).

Techniquement, la personnalité est le mouvement qui va coordonner l'usage de ces fonctions, elle est comme un gestionnaire qui va exploiter, et surtout utiliser au mieux ces différentes ressources. C'est donc bel et bien un mouvement pulsionnel (plus ou moins spontané) qui se trouve au centre des trois corps et qui les articule entre eux.

De la logistique quoi. Avec toutes les difficultés que cela suppose, évidemment.

Là encore, on remarquera que c'est le discours, jusque dans ses failles, qui organise les préséances de certaines ressources par rapport à d'autres au dedans même de la personne. Soyez attentifs et vous le verrez.

Remarque : Et c'est la conscience, qui, par ses choix, et les différentes manifestations de son intérêt, structure la personnalité/la parole.

 

L'erreur.

Dernière chose. On confond, souvent l'âme et les émotions. Mais ce sont deux choses radicalement différentes.

- L'âme est la personnalité : un système de mouvements (intériorisé), un condensé de logique.

- L'émotion est une réaction: un mouvement par ricochet provoqué par quelque chose d'extérieur.

 

La confusion persiste jusqu'aux organes symboliques associés. Et c'est ainsi que l'on assimile le cœur aux émotions.

 

Non, le cœur ne désigne pas les émotions. Le cœur désigne la conscience, qui est au centre de la personne humaine, voire de l'existence. Le cœur est au centre du système sanguin, et le sang est le parfait symbole de la pulsion. Cœur et sang, conscience et pulsions. Essence et substance.

Les émotions seraient mieux illustrées par le ventre, « les tripes ». La terrible boule au ventre et les fameux papillons...

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0