Comme cela a été dit précédemment, chaque âme possède une sorte de typologie, et une dénomination qui va avec. De ce point de vue, la nature humaine possède une dénomination spécifique qui la distingue des autres types de pulsions.
Alors quel est le nom de l'âme humaine ?
On l'appelle conscience. En vérité, les choses sont un peu plus subtiles, alors attachons-nous un peu à décortiquer cet organe invisible qui nous distingue des animaux...
Le noyau.
Oui, la conscience est le noyau de la personne humaine.
Pourquoi ? Parce que la conscience est une pulsion, et de surcroît la plus subtile et centrale de toutes, celle qui s'appuie sur toutes les autres pour exister : Le sujet, l'identité. Le moi (du moins au début).
« Il » (le moi) est apparu tout seul vous savez ? À ses yeux, tous les éléments qui se rattachent à son corps sont perçus comme des accessoires, attributs ou accidents. Pour ne pas dire des objets.
Exemple: La main ? C'est « sa » main. La pensée ? C'est « sa » pensée. Ce sont « ses » émotions, « ses » jambes, « ses » cheveux. Il en est de même pour les autres pulsions, car le moi perçoit la faim, la soif, l'instinct ou les rêves comme des choses qui lui arrivent... donc qui viennent à lui.
Remarque : Et quand le moi est contrarié, il a tendance à voir tout le monde extérieur comme des objets, même les êtres vivants qui l'entourent. Bon, heureusement, ce n'est pas toujours le cas.
C'est à partir de la conscience que se crée le sentiment d'identité, qui est roi. Ainsi la conscience est la pulsion qui observe les autres pulsions. Le mouvement le plus intelligent et important. Elle est le regard qui donne une logique au monde, et ordonne ses propres pulsions. Essentielle donc. Nous aurons l'occasion d'y revenir.
Dualité.
Quelle que soit la facette de l'expérience humaine que l'on évoque, on y trouvera un pôle actif et un pôle passif. Ou pourrait-on presque dire un rapport « créateur et création » quasiment sur le même plan. Le rôle du créateur étant d'exprimer sa création.
Remarque : C'est juste une autre façon de dire « essence et substance ».
Ainsi...
Le mental, créateur, exprime les pensées, créations.
L'émotionnel, créateur, exprime les émotions, créations.
La perception, créatrice, exprime les sensations, créations.
Remarque : D'autre part, le noyau créateur permet d'appréhender ce qui nous est extérieur, avec mon mental, je peux envisager, appréhender la pensée des autres, etc.
Et la création exprimée par la conscience ? Quelle est-elle ?
La parole.
L'être humain est le seul doté d'un organe - la conscience - qui lui permet de prendre connaissance de la réalité pulsionnelle. Ce faisant, il la saisit par les mots. Qu'est-ce qu'un mot sinon une synthèse, un résumé d'une situation impalpable, mais bien présente, d'une dynamique bien trop grande pour être appréhendée dans le temps ?
Exemple : Si je vous demande ce que vous avez fait hier soir, vous allez me répondre que vous étiez à une fête. Donc en trois ou quatre mots vous me permettez de saisir l'essentiel d'une scène de plus de huit heures assez explosives. Toute la situation, c'est-à-dire l'énergie dominante, importante, est donc concentrée dans le mot.
Le mot nous permet donc de nous affranchir du temps en parlant de l'essentiel. Le mot décrit des pulsions, des mouvements, et s'il est efficace, il décrit la nature de ce que l'on observe.
Notons d'ailleurs que tous les mots ne sont que des encapsulages de réalités dont on a pris plus ou moins conscience.
Exemple : Comme nous l'avons dit maintes fois, le mot « Humanité » ne fait que traduire ce mouvement qui se répète en tend à créer des créatures dotées de deux bras et deux jambes, qui se tiennent debout, parlent et sourient. Le mot fait référence à cette séquence, cette animation, en somme à cette réalité.
Remarque: Une pulsion peut être autant un phénomène intérieur qu'une situation, une dynamique. Une pulsion est un mouvement.
La parole est la substance de l'âme humaine. L'animation. Son « corps ».
C'est bien par la parole que nous nous animons non ? Nous exprimons les pulsions qui nous habitent, et nous tentons de parler de l'essentiel, tel que le conçoit la conscience et selon ses possibilités. Donc la parole est elle-même un pur mouvement qui nous sert de support pour exprimer notre regard sur le monde (conscience).
Exemple : Je ne vais parler que de ce qui m'anime le plus intérieurement, que ce soit en fonction de mes intérêts, ou de mes peurs. Si je suis intéressé par la pêche, je ne manquerai pas d'en parler. Si en revanche je ne dis pas ce que je pense de l'art, c'est peut-être par peur d'être éjecté de mon groupe, parce que leur regard, d'une façon ou d'une autre, compte pour moi, et de surcroît leur image, ce qu'ils représentent à mes yeux. Donc lorsque je fais semblant de parler d'autre chose, c'est le mouvement que suscite ma peur que j'exprime. Toujours un mouvement qui m'habite donc.
Ainsi, je témoigne de ma vie intérieure et de ses vicissitudes par mes mots.
Connaissance : Fin des préjugés et des opinions bancales.
D'autre part, c'est la conscience qui nous permet de prendre connaissance des situations qui nous sont extérieures. En ce sens, c'est là que réside vraiment le contact avec une réalité qui n'est pas le fruit de notre imagination. C'est là que réside la véritable connaissance.
En effet, si nous pensons, nous ne faisons qu'imaginer le monde à notre guise. Nous ne pouvons pas savoir ce que les choses sont, mais nous nous bornons à nous les représenter en fonction de nos idées préétablies.
Exemple : Si je pense que vous êtes un/une gros(se) imbécile alors que je vous vois pour la première fois, c'est que j'ai des « préjugés » sur vous. Vous n'êtes peut-être pas comme je l'imagine. Enfin, je l'espère.
En usant de notre conscience en revanche, nous parvenons à saisir l'âme des êtres et objets qui nous entourent, nous tentons de toucher au mouvement intérieur (ou du moins le mouvement le plus important) qui les habite. Lorsque nous y parvenons, par un déploiement conséquent de la conscience, vient ce que l'on appelle... La prise de conscience ! Nous « réalisons » enfin quelque chose sur le monde, nous prenons connaissance d'une réalité que nous ignorions.
Exemple: Finalement, je change d'avis, vous n'êtes pas un/une imbécile, j'ai pris conscience que vous êtes quelqu'un de droit et intelligent. C'est le mouvement qui vous habite.
Et cette connaissance en est vraiment une puisqu'elle ne manque pas de nous transformer à notre tour : lorsque je réalise quelque chose d'essentiel - quelque chose de vraiment puissant - je l'intègre tellement que ma vision du monde se voit changée en moins d'un instant. Certains parlent même d'un phénomène de double naissance.
Exemple : Un jour, à force d'observation, je me rends compte que lorsque je témoigne un comportement approprié, c'est-à-dire un comportement qui prend en considération la situation de mon interlocuteur, celui-ci se montre beaucoup plus sympathique et ouvert à mon égard. Et là, d'un coup d'un seul, je réalise ce qu'est le respect. Je ne serais plus le même. Je vais immédiatement changer mon comportement en fonction de cette nouvelle réalité, qui devient naturelle à mes yeux. Je renais par le respect. Mais d'une certaine façon, le respect, valeur universelle peut s'exprimer aujourd'hui avec un nouveau réceptacle, c'est-à-dire moi. Le respect naît à travers moi.
Remarque : À noter que le respect en tant que valeur, est aussi le respect de témoigné par mon interlocuteur. Ce qui implique qu'une partie de mon interlocuteur naît à travers moi (les valeurs auxquelles il s'identifie et qu'il me transmet).
La prise de conscience est une connaissance, à bien distinguer du savoir. Pourquoi ?
Comme nous l'avons dit, ce n'est pas la même chose de projeter, imaginer ce que sont les choses, et saisir le vrai mouvement, c'est-à-dire ce qui anime les choses. Ce qui distingue les deux, c'est ceci :
-Le savoir est un apprentissage qui relève du rapport sujet/objet. Il y a moi, et il y a ce que j'apprends.
-La connaissance, pourrait être conçue comme la fusion entre le sujet et l'objet : lorsque j'ai une prise de conscience, l'interaction est si enrichissante que je suis transformé parce que j'observe. Je deviens un peu ce dont je prends conscience. Renouvellement du sens et de l'intelligence.
Il n'y a qu'en devenant un peu moi-même que vous pouvez comprendre qui je suis vraiment : vous connaissez ma nature, mon intelligence, ce qui m'anime.
Remarque: Puisque c'est une rencontre entre intelligences, on pourrait considérer que c'est même une rencontre entre deux sujets. Voire plus mystérieux encore...
Il est intéressant de noter que le phénomène de la connaissance opère autant avec les individualités que les objets inanimés. Chaque prise de conscience est une observation de la nature profonde des choses, qui est logiquement si vivante qu'elle ne manque pas de s’imprégner en moi ou de révéler quelque chose de ma propre nature.
Et parfois, nous ne percevons plus la chose inanimée comme un simple objet, mais presque comme un sujet...
Exemple : Lorsque je prends connaissance de ce que vous êtes, j'en suis transformé, mais il en est de même lorsque je réalise les phénomènes à l’œuvre dans la poussée d'un arbre, ou la formation de pierres précieuses. Ces découvertes me bouleversent et transforment ma façon de voir le monde : l'intelligence cachée dans les opérations de la nature ne laisse pas de marbre. Et parfois, j'y vois sans équivoque la trace d'une force supérieure et merveilleuse...
Donc voilà, le noyau de l'âme - pour un être humain - c'est la conscience. Ladite conscience, lorsqu'elle se manifeste, produit la parole, comme on peut dire que l'âme s'exprime par des animations. C'est littéralement la même chose, du moins au regard de l'être humain. Oh, et vous verrez, bientôt viendra un terme qui clarifiera encore plus tous ces mots barbares.
P.S : Ne se pourrait-il pas que quelques intelligences discrètes se cachent derrière les choses inanimées ? Peut-être que même sans bouche elles peuvent parler ?

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