L'essentiel est toujours permanent. Qu'est ce que cela veut dire ? Simple, que si l'essentiel disparaît, la chose considérée disparaît aussi.
Exemple : Il est essentiel qu'un oiseau possède bec, ailes et plumes. Si une espèce d'oiseau perd ces caractéristiques, alors elle n'appartient plus à la famille des oiseaux. De la même manière, la pensée est essentielle pour un individu. Perdre sa faculté de penser revient à perdre ou fortement diminuer son individualité.
Remarque : Notez que je fais des schématisations rapides. Évidemment, tout cela suppose bien des nuances.
Seulement voilà, pour une même chose ou dans un même ensemble, des permanences, il en existe d'autres !
Considérons un individu, Mme Beta.
Exemple : Mme. Beta est un être humain, Mme Beta est une femme, ou même si l'on considère un autre ordre de réalité que les pulsions, on peut dire que Mme Beta est un corps. Etc.
Si jamais Mme Beta n'était pas une femme, elle ne serait pas Mme Beta, pareil si elle n'était pas humaine. Pire encore si elle ne possédait pas de corps : il n'y aurait pas de Mme Beta.
Vous voyez que bien des choses en Mme Beta sont permanentes, et indispensables au maintien de son identité.
Eh bien toutes ces choses qui perdurent, qui subsistent en Mme Beta, sont des substances.
La substance ?
Si l'essence est ce qui agit, La substance désigne l'influence de l'essence à proprement parler, ou pour le dire plus grossièrement, tout ce qui est soumis à l'essence. Donc relié au moteur si vous préférez.
De ce point de vue, la substance est indissociable de l'essence, elle en est l'extension. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle est elle aussi permanente, car il n'y a pas de différence entre le moteur et son action, son influence.
Exemple : Si le moteur est le cœur d'une voiture, en vérité il n'y a pas de différence entre les roues, le moteur, la carrosserie et le volant. Toutes ces pièces appartiennent à la même voiture !
De la même façon si la pensée est plutôt essentielle pour un individu, il n'existe pas vraiment de différence entre votre pensée, vos émotions et votre corps. Toutes ces caractéristiques ne font qu'un dans un seul et même individu.
Attention, on parle bien de ce qui est relié à l'essence, au moteur.
Ce qui n'est pas soumis à l'influence directe du moteur n'est pas substance ! Comprenez par là qu'il ne participe pas de l'être, de la constitution de la chose considérée.
Exemple : Ma pensée, qui est essentielle dans la construction de mon individualité, donc de qui je suis, ne peut s'exercer sur les émotions ou le corps de mon voisin. Pourquoi ? Parce que ce corps physique n'est pas relié à ma pensée. Il ne compose pas ma substance, il ne me constitue pas en tant qu'être.
C'est parce que le moteur d'une voiture est relié à des pièces clés qu'il peut exprimer sa puissance et faire rouler la voiture sur de multiples routes. De la même manière, l'essence peut s'exprimer dans des réalités plus extérieure à travers des éléments substantiels, soumis à son influence.
Exemple :
Mais évidemment, je ne peux pas exercer ma pensée sur des émotions qui ne sont pas les miennes ou sur un corps qui n'est pas le mien.
De ce point de vue, la substance est fondamentale. Déjà parce que toute substance constitue un élément fondateur sans lequel une chose considérée ne peut se constituer.
Exemple :
De plus, le moteur ne peut pas descendre dans les réalités inférieures s'il ne peut exercer son action sur des supports adéquats qui lui sont liés. La substance est le support de l'essence.
Exemple :
Mais attention, la substance n'est pas l'essence à proprement parler. L'essence, en tant qu'élément central, peut définir la chose que l'on désigne, tandis que la substance ne traduit qu'une définition partielle.
Exemple : Il est vrai que Mme Beta est un être humain. Cela fait partie de sa constitution. Pour autant, l'humanité de Mme Beta n'est qu'un attribut. Je ne saurais pas tout de Mme Beta en apparentant qu'elle est humaine. J'ai tellement plus de choses à savoir ! Il en serait de même si je ne voyais que son corps, son apparence m'apporte beaucoup d'information sur le genre d'individu qu'il est, mais pas tout.
Essence et substance sont des pôles.
Ce qui est essence selon un premier rapport, peut devenir substance selon un autre rapport. En d'autres termes, une même chose peut être le moteur ou le récepteur selon la situation.
Exemple : Avoir deux bras et deux jambes, me tenir debout, être doué de la parole, parler et sourire, créer. Tout cela définit essentiellement l'espèce humaine, cela nous distingue du règne animal. Mais si j'agrandis mon calibre et que j'observe les individus, alors la parole, la bipédie, la création et le sourire ne sont plus que des attributs : ils me constituent, me définissent, mais pas entièrement.
On pourrait dire les choses comme tel : si l'essence est la nature première, la substance désigne les natures secondaires.
Au passage, on notera que c'est toujours la réalité la plus intense, subtile, complexe qui sera essentielle, et la plus grossière, inerte sera substantielle. Et oui, c''est la cerise que l'on place sur le gâteau et pas l'inverse.
Rappelons-nous bien que le statut premier de l'essence tient au fait qu'elle peut résumer l'identité d'une chose. Ainsi, l'essence contient toute la substance.
Pour le dire autrement, toutes les natures secondaires et attributs gravitent passivement autour de la nature première, qui est de loin la plus active.
Exemple : En vous parlant de Mme Beta, je désigne un individu. Mais parler de cet individu implique que je désigne à la fois son corps, ses émotions, sa pensée. Je désigne aussi le fait qu'elle est un être humain, particulièrement une femme. La notion d'individualité contient tout cela intrinsèquement.
Remarque : Ce sont des choses que l'on comprendra mieux plus tard.
En résumé, l'essence est ce qui agit, et la substance est l'action envisagée jusqu'au bout de son influence, jusqu'au bout de son pouvoir, et on pourrait presque dire... jusqu'au bout de sa magie !
Reprenons. Nous avons dit précédemment que les phénomènes pulsionnels, lorsqu'ils sont pris dans leur totalité, constituent la nature. Oui, si l'on parle des mouvements à l'origine de la vie, c'est bien juste, mais les choses vont plus loin que ça. En vérité, la nature peut être définie dans un sens plus précis encore. Voyons cela tout de suite.
Donc, qu'est-ce que la nature ?
C'est très simple. Lorsque l'on observe les pulsions dans le détail, il nous apparaît qu'une logique existe dans ces mouvements qui se produisent d'eux-mêmes. Il existe un ordre, un sens, en somme une véritable intelligence dans ledit mouvement.
Exemple : Il est un mouvement qui tend à manifester des créatures dotées de 2 bras et 2 jambes, qui se tiennent debout, qui sont douées de la parole et qui peuvent sourire (… et nous sommes les seuls à pouvoir le faire !). Ce mouvement se répète à travers le temps, continuellement. À force d'observation, on a fini par appeler ce mouvement « humanité ».
Comme nous l'avions dit précédemment, lorsqu'un mouvement n'est pas identifié, il n'est rien d'autre qu'une chose : une réalité indéterminée. Ce « flou » provient du fait que nous ne voyons pas la chose dans son entièreté.
Exemple : Si je ne vous qu'un bout de votre main sur une photo, difficile de dire que c'est vous que je regarde. Il en est de même pour les pulsions lorsqu'elles nous apparaissent de manière partielles. Il est fort probable à ce titre que la grossesse ait été considérée comme de la magie par le passé. Compréhension partielle, connaissance imparfaite.
Le seul moyen d'observer une pulsion complète est de comprendre sa logique. La logique située au cœur du mouvement, l'intelligence de la spontanéité.
Ce faisant, la pulsion n'est plus indifférenciée, et elle s'exprime au travers de ce qu'on appelle... la nature.
Exemple : Les hommes, en voyant ces excroissances tendre vers le soleil, ont fini par comprendre ce mouvement récurrent. Ils ont compris la logique de la pulsion, sa nature, et ils l'ont appelée « arbre ».
Autrement dit la nature, c'est la pulsion qui s'exprime dans toute son intelligence. La pulsion comprise, connue.
Le grand moteur.
Du point de vue le plus global au regard de l'univers, la nature est son essence. Je répète, la nature est l'essence de l'univers.
Pourquoi ? Mais regardez autour de vous... Quel est le moteur du monde ? Des pulsions intelligentes. Des mouvements ordonnés, sensés et spontanés.
Si la nature n'était pas à l’œuvre, plus rien ne pourrait persister. Vous même êtes le produit d'un mouvement spontané. Pas de nature, pas d'univers. C'est aussi simple que cela. La nature est la réalité la plus intense, vigoureuse : les hommes se tiennent debout, et cela dure.

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