Qu'est-ce qu'une pulsion ?
Mon Dieu que cette question est importante.
Une pulsion, c'est quelque chose qui vient tout seul, spontanément. Un mouvement qui apparaît de lui-même.
Exemple : Le cœur bat tout seul, sans le concours de votre volonté. La faim grandit d'elle-même et s'impose à l'individu. Le rêve apparaît tout seul, spontanément, au moment où la volonté mentale est au plus bas. Les animaux se reproduisent en même temps, selon la saison des chaleurs. Le lion mange la gazelle, la gazelle broute de l'herbe, et l'homme se tient debout.
Pour qu'un nouveau-né apparaisse, des cellules se divisent, se multiplient, puis s'agglomèrent à des endroits, selon une logique bien précise.
Et tout cela se fait, encore une fois, tout seul.
Bestial ?
Le problème, c'est que le plus souvent les pulsions sont assimilées à la seule subsistance (comprenez la survie pour faire court) et donc ramenées au corps, ou à quelque chose de grossier, pour ne pas dire vulgaire. Il est presque sous-entendu qu'à trop s'attarder sur ces mécanismes bestiaux on finirait par régresser au stade animal. Sauf qu'une telle déclamation, si elle était dite, serait bien l'une des phrases les plus idiotes qui existe.
Pour commencer, disons qu'il n'y a rien de vulgaire dans les processus de survie, ou instinctifs. D'ailleurs, les animaux ne sont pas pervers, eux (j'expliquerai plus tard ce qu'est la perversion). Mais surtout, des pulsions peuvent exister selon bien des états, bien des formes, ce qui implique que certaines soient beaucoup plus subtiles que d'autres, le problème étant que dans ce cas, il est difficile de s'apercevoir de leur existence.
Mais il existe un candidat parfait pour traduire subtilité et omniprésence.
Je veux parler du rêve bien sûr.
Lunaire.
Qu'est-ce que le rêve sinon quelque chose qui vient tout seul ? Au moment où celui que vous croyez être – le moi - a le moins d'influence. Le rêve est comme une vie secrète, parallèle.
Les rêves sont capables de produire des situations, images, émotions, ou encore des sensations d'une grande beauté. Qui n'a jamais été bluffé par un rêve ? Ils sont capables de créer des choses que l'on ne se serait jamais cru capable d'imaginer. Qui n'a jamais appris, ou été gratifié d'une idée sur la base d'un rêve ? Sans parler du mystère qu'ils suscitent.
Bref. Nous rêvons tous les jours. Et la pulsion onirique est trop mystérieuse pour se résumer à un seul mécanisme de survie.
Et il y en a pléthore des autres pulsions. En premier lieu, tout ce qui relève de la catégorie de l'inconscient individuel : actes manqués, lapsus (marquants et répétés, autrement, ce n'est qu'une erreur), fantasmes, etc.
Autant d'actions qui dépassent notre « moi conscient », qui lui ne comprend rien.
D'ailleurs, servons-nous encore un peu de la catégorie de l'inconscient pour répondre à une question. Les pulsions, sont-elles plus subtiles que les pensées ?
Évidemment que oui. Si certaines pulsions sont évidentes, très visibles, d'autres sont si subtiles qu'on ne les voit pas du tout. C'est d'ailleurs pour cela qu'on parle d'inconscient lorsque l'on considère les pulsions invisibles d'un individu : elles échappent à la conscience.
Exemple : Vous ne vous rendez pas compte que chaque fois qu'un certain collègue de travail arrive dans votre environnement, vous vous débrouillez pour vous éloigner, vous avez toujours quelque chose à faire. La vérité, c'est que vous supportez mal sa présence, mais vous ne vous l'êtes pas avoué à vous même, car, aux yeux de tous, il est censé être sympathique.
La pensée au contraire ne nous échappe pas. Aussi fine et élaborée soit-elle.
Plus qu'un simple phénomène.
Attention, la catégorie de l'inconscient est, sinon suffisante, au moins une appellation correcte pour désigner les pulsions individuelles. Mais la grande réalité pulsionnelle, prise dans son entièreté, dépasse allègrement ce qui touche à la personne humaine. Les pulsions débordent absolument partout, continuellement, tout autour de nous. Les hommes apparaissent tout seuls avec deux bras et deux jambes, les arbres apparaissent tout seuls, les oiseaux migrent, le lion mange la gazelle , etc. Et j'en passe.
L'entièreté de ces phénomènes spontanés désigne ce que l'on appelle plus communément... la Nature. Et ça, on y reviendra.
Pause. C'est déjà pas mal non?

Écrire commentaire