Ce que l'on appelle personnalité est la forme que prend l'expression de la conscience. Donc l'expression de l'âme humaine. Pour autant, toutes les âmes ne sont pas humaines, ni individuelles, et leurs expressions ne sont pas toutes des personnalités.
Les égrégores sont supposément l'expression d'une âme collective, les archétypes sont souvent l'expression de généralités, les stéréotypes sont l'expression de globalités (bancales), les mots sont des supports pour de multiples phénomènes, l'ambiance est la désignation commune de l'âme d'un lieu. Etc.
Remarque: C'est approximatif. Nous préciserons les catégories plus tard.
En vérité, quelle que soit l'expression de la nature en question, il existe un terme générique pour la désigner.
Cela s'appelle la forme.
Peu importe le type de mouvement – entendez pulsion – que vous observez, celui-ci peut être qualifié de forme. L'archétype est une forme générale (en fait, c'est plus compliqué), le stéréotype une forme globale, l'égrégore une forme collective, l'ambiance est la forme d'un lieu, la personnalité est la forme d'un être humain. La forme est le terme le plus adéquat pour parler de l'expression d'une intelligence, et lorsque l'on ne chipote pas trop, c'est même le terme le plus adéquat pour parler de l'âme en général.
Un synonyme quasi parfait.
Lorsque nous observons au-dehors, c'est-à-dire les pulsions qui nous sont extérieures, la forme est omniprésente.
En effet, chaque fois que nous tentons de saisir une pulsion, ou pour le dire plus trivialement, que nous tentons de prendre connaissance d'une situation, nous devons étendre notre conscience d'une manière suffisante. Ce faisant, nous finissons par percevoir la dynamique selon une forme (on dit une image) qui exprime le sens de ce que nous avons sous les yeux.
Exemple : Vous allumez votre télévision et observez un combat terrible sur un ring : ça a l'air d'être un match de combat libre. Pourtant avec un peu plus d'acuité vous vous rendez compte que la situation est autre : ce n'est pas du combat libre, c'est du catch, un combat fort bien mis en scène.
Ainsi, la forme première que vous aviez donnée à la situation a évolué lorsque votre conscience s'est assez agrandie pour appréhender le sujet. Nous sommes passés de la forme « combat » à la forme « catch ».
Mais ici, vous aurez probablement remarqué une chose importante : que la conscience perçoive une pulsion entière, ou un simple morceau, elle perçoit quoiqu'il advienne une forme ! Lorsque la pulsion est saisie, tout entière, la forme est riche, et surtout belle, mais lorsque la conscience est trop petite, elle perçoit quelque chose de « difforme » (ou « déformé »).
Exemple : Le « macho » est une portion très caricaturale et réduite de la pulsion qu'est la « masculinité », qui est tellement plus. Il en est de même pour la « bimbo » qui est une difformité au regard de la « féminité ».
Distinction de de valeur.
Nous avions dit plus tôt qu'une pulsion qui s'exprime complètement apparaissait sous la forme d'une nature. Oui, et nous validons.
En vérité le terme de nature est bel et bien une forme, et il permet de faire une distinction de valeur entre les différentes réalités formelles.
Ainsi, seules les formes belles et complètes sont dites naturelles.
Les pulsions partielles en revanche ne seront que des formes... tout court. Des formes basiques donc.
Exemple : le macho est une forme au sens le plus basique du terme. La virilité est une nature, une forme naturelle si vous préférez.
Autant de fées et de démons en action ? À vous de voir.
C'est un arrangement strictement personnel, mais il va nous permettre de faire une distinction de valeur. De toute façon, l'ordre apparaîtra de lui même.
Maintenant, nous allons tenter de préciser un peu plus la notion de forme.
En fait de forme, on pense souvent à une image, pour ne pas dire une simple représentation. Tant s'en faut. L'image n'est une vraie forme que si elle est un symbole, c'est-à-dire une image qui condense toute une réalité. Synthèse de sens.
En vérité, on remarquera que le support le plus commun d'une synthèse n'est rien d'autre que le mot, ou pour le dire autrement, le mot est l'image la plus parlante qui soit. Si je vous parle d'un « macho », vous et moi avons des représentations picturales différentes de la chose, pour autant le mot « macho » tend à faire coïncider nos définitions sur des points clés, car le mot cristallise des attentes intrinsèques, ou à minima implicites.
Mais il convient d'être plus descriptif. Ou plutôt... beaucoup plus astucieux ! À s'en tenir à quelque chose de carré, nous passerions à côté de ce qu'est vraiment la forme. Alors, disons les choses autrement. S'il fallait être plus concret, on pourrait considérer la forme, dans sa synthèse, comme un...
Système !
La forme est un système. Ou pour le dire encore autrement, un petit univers, ou petit cosmos. Une façon à part entière d’agréger et d'ordonnancer les pulsions compatibles avec cette forme de vie, dans les limites induites par sa puissance. Et plus la forme est grande, plus le système est complexe.
Considérons par exemple une forme générale : l'archétype (forme) du bourgeois. Très souvent, il va de pair avec une belle voiture, et on l'imagine à son aise dans les beaux quartiers. On voit tout de suite que l’archétype n'est pas l'image d'un seul individu, mais d'un mode de vie tout entier. En vérité, on dira qu'il est bien plus : un regard sur le monde, une façon de sentir, ressentir, penser, bouger, une façon de considérer les autres (tous règnes confondus), une façon de parler, désirer, se projeter. Mais aussi certaines sympathies vis-à-vis de lieux, relations, et autant d'antipathies pour ce qui menace son système. C'est toute une articulation, animation.
C'est du charabia ? Pourtant je suis sûr que vous me suivrez si je vous dis que l'on n’attend pas du bourgeois qu'il se balade dans un HLM. Le bourgeois n'est pas qu'une apparence, c'est une façon d'être, et c'est aussi simple que cela.
Remarque: En fait, c'est plus une façon de vivre qu'une façon d'être . Subtilité que vous comprendrez avec le temps. (Oh, et évidemment, le bourgeois de l'exemple, c'est plus un stéréotype qu'un archétype.)
Un système particulier...
Maintenant que tout cela est dit, attardons-nous sur la caractéristique principale d'une forme, qui n'est rien d'autre qu'une âme tel qu'on la saisit.
Attention ! Ce point est extrêmement important !
Qu'est ce qu'une âme a de particulier ?
Elle est... Vivante !
Autrement dit, toutes ces formes, si tant est qu'elles soient des réalités pulsionnelles, sont autant d'âmes vivantes. De ce fait, on peut leur prêter autant d'intelligence, de pouvoir de création, que n'importe quelle âme individuelle.
Remarque : C'est la différence que j'avais sous-entendue précédemment avec la sociologie au regard des catégories. Ici, les formes qui dépassent l'individualité ne sont absolument pas des concepts. Des âmes vivantes vous dis-je!
Mais si certaines âmes, formes, sont proches de la source de leur intelligence, ce n'est pas le cas de toutes.
Certaines en sont très éloignées, elles fonctionnent comme des séquences pauvres, des animations réduites, cinématiques grossières et autant de logiciels limités. D'autres sont carrément opposées à leur source : des logiques tordues à l'envers, ou d'une manière fallacieuse pour nous tromper quant à l'usage du vivant. Et c'est bien inquiétant... parce que ces formes ont du pouvoir sur le monde qui nous entoure !
On remarquera que, quelle que soit la forme tronquée ou perverse au regard de l'essentiel, elle ne peut avoir de pouvoir sur le monde qu'à travers notre propre manque de conscience. C'est un peu comme si vous ne connaissiez que vos devoirs et non vos droits à l'égard d'une loi.
Exemple : L'amour est une force universelle qui peut prendre de multiples formes. Cependant lorsqu'une conscience réduite observe l'amour, elle peut y voir quelque chose de très réduit. De la jalousie par exemple. Et tant que nous considérons les situations amoureuses ou relationnelles (l'amour, ce n'est pas qu'être amoureux...) sous l'angle de la jalousie, alors celle-ci formera toutes les dynamiques relationnelles. Autrement dit, nous donnons à cette forme imparfaite le pouvoir de reformer nos situations de vie, et en somme notre réalité.
De la même manière, nous pouvons appliquer ce raisonnement à des forces très concrètes. Tenez, l'argent par exemple. Sous quelle forme percevez-vous ce rapport humain ? Et d'ailleurs, de quelle nature réelle procède-t-il ?
Remarque : On pourrait presque dire que les formes défectueuses sont « générées » par le manque de conscience. En vérité, je pense que c'est plus compliqué que cela, mais une chose est certaine, c'est bien comme cela que nous générons leur pouvoir sur le monde !
La forme, l'âme, la nature, la pulsion... EST créatrice !
Mais il faut vraiment comprendre en quoi le phénomène n'est pas conceptuel. Il faut saisir ce que le caractère vivant de l'âme implique : autant
l'intelligence que la création et encore le mouvement. Il n'est qu'un seul terme qui peut permettre de s'approcher d'une telle réalité.
C'est ce que l'on appelle la magie.
Bonus
Deux remarques à faire.
La première :
Nous avons parlé de logique à respecter du point de vue de la forme en tant que système. Mais il ne faut pas imaginer que tous les membres d'un même univers pensent exactement pareil. Non, ils ont des accords ! Et c'est bien différent.
En fait, il existe un champ des possibles, et des limites qui vont avec.
Dans le monde des âmes, les limites sont principalement qualitatives. Ainsi, le « macho » s'arrête là ou « l'efféminé » commence (c'est une caricature).
Le champ des possibles est comme un curseur qui se déplace sur une ligne ou au sein d'un cercle.
Chaque déplacement du curseur donnera une attitude spécifique comprise au sein de la forme. Mais il existe des limites à ne pas outrepasser, sous peine de ne plus être la forme en question, mais devenir autre chose.
Exemple : Déplacement du curseur sur la ligne. Macho, puis viril, puis homme traditionnel, nous sommes à peu près dans le même champ lexical des valeurs, jusqu'à une certaine limite à ne pas dépasser sous peine de devenir autre chose.
Évidemment, c'est la version courte.
La deuxième :
Toutes les formes sont pulsionnelles en premier lieu. Même les formes denses. La forme physique procède nécessairement d'un mouvement spontané.Qu'est ce qui fait que cette pierre est de forme triangulaire, sinon un mouvement spontané qui tend à réunir les atomes selon une disposition précise ? Il en sera de même pour les formes émotionnelles ou mentales.
Toute forme est avant tout pulsionnelle. C'est seulement par la suite qu'elle devient je ne sais quel autre contour.

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